Chez SODEXO, les salariés payent l’addition de la COVID !

Présent dans plus de 60 pays, Sodexo Groupe subit de plein de fouet les conséquences économiques de la COVID. Dans un communiqué publié courant mars 2021, le groupe annonce que ses résultats financiers ont fondu comme neige au soleil. Le respect des contraintes sanitaires ont entrainé une chute nette des activités de restauration d’entreprise et restauration scolaire. Les chiffres d’affaires y ont respectivement baissés de 30% et 36% au premier semestre.

Saluant les initiatives prises pour affronter cette situation exceptionnelle, la direction du groupe évoque notamment la mise en œuvre du programme de restructuration…

Eclairage et précision sur ce plan de sauvegarde de l’emploi au travers du témoignage de Malika KALADI, Déléguée Syndicale CFTC.

Sur quoi porte précisément cette restructuration ?

“Pour faire simple, la masse salariale est le point sur lequel Sodexo peut agir directement pour faire des économies. C’est pourquoi le groupe a initié un Plan de Sauvegarde de l’emploi dès octobre 2020.”

Combien d’emplois sont menacés ?

“Le groupe envisage de supprimer 2145 postes dont 424 chez Sogeres (filiale du groupe). Mais, et c’est assez surprenant pour être souligné, ils arrivent quand même à faire embaucher une nouvelle Directrice des Ressources Humaines et à promouvoir le sortant alors qu’ils licencient.”

Qui est concerné ?

“Quasiment tous les salariés sont concernés par ce PSE. Les services supports sont directement concernés comme la comptabilité, le marketing, les ressources humaines (et notamment le service relation sociale), la formation, le recrutement, la paye…. Le terrain et l’opérationnel sont également concernés par cette restructuration avec des suppressions de postes à venir pour des directeurs de restaurant, des serveurs, des gérants, des employés de restauration…”

Comment la CFTC a réagi à l’annonce de ce plan ?

“La CFTC a été surprise de l’annonce d’un PSE alors que parallèlement Sodexo versait une participation aux bénéfices…. Les recrutements initiés sur des postes de Direction sont venus nourrir cette défiance.

Nous savions qu’une réorganisation était devenue nécessaire mais pas de cette ampleur. Nous avons donc abordé les négociations de cet accord avec la plus grande prudence et un œil très critique.”

Cette restructuration est-elle légitime ou opportuniste ?

“La réalité sur le terrain laisse à penser que la situation va encore plus se dégrader. Certains clients ne payent pas les prestations et sodexo se retrouve confronté à un grand écart comptable avec des fournisseurs à payer et des clients en incapacité d’honorer leur contrat. Autant dire que le second semestre s’annonce compliqué même si les bénéfices sont encore là.”

La CFTC a-t-elle signé ce plan ?

“La CFTC n’était pas signataire du PSE pour de multiples raisons. A l’origine de cette non signature : une incompréhension globale sur les compensations proposées aux différents publics. La CFTC ayant à cœur d’avoir des mesures en phase avec les risques pris par les salariés acceptant ce dernier. Pour la section CFTC, ce plan sonnait faux et les mesures proposées sont en total décalage avec la réalité !”

Comment on réagit les salariés ?

“Le sentiment général est la colère. Certaines organisations signataires n’osent plus répondre au téléphone de peur de se faire insulter.

Notre section a pris la décision de contacter l’ensemble de ses sympathisants pour les informer, les accompagner et répondre à leur question. Il est important de savoir être présent à tous les moments de leur vie. Pour recevoir, il faut savoir donner !

Nous avons créé des groupes whatsapp pour renseigner les salariés. Nous avons assisté à toutes les réunions faites avec les RH sur les restaurants quand ils venaient expliquer ce PSE. Il nous est même arrivé de les corriger dans certains cas au vu de la complexité du sujet.

Nous avons fait des mémos, nous avons formé nos élus,  en clair nous sommes montés en compétence et en crédibilité pour accompagner les salariés comme ils le doivent.

Cette implication porte ses fruits et le nombre d’adhérent augmente jour après jour malgré des salariés confrontés à un chômage partiel.”

Quelle est la suite ?

“Actuellement, les salariés intéressés par ce plan continuent de se manifester directement auprès du prestataire retenu par Sodexo. Début mai, la commission de suivi sera consultée pour vérifier que le processus a bien été respecté.

Ensuite vers le 26 mai, nous saurons combien de postes restent à supprimer et la direction appliquera les critères d’ordre de licenciement (âge, ancienneté, charge familiale…). Ceux ayant moins de points sur ce barème se verront proposer des postes où la demande est moindre ou un licenciement pour motifs économiques (à partir de juillet) prévoyant des modalités négociées dans l’accord.

Mais notre section sera encore une fois au rendez-vous pour accompagner les salariés qui en auront besoin.

Preuve de notre engagement indéfectible, les membres de la section CFTC ont pris la décision commune de ne pas poser de congés entre le mois de février et le 7 mai.”

Et l’avenir ?

“Faire le constat de ce qu’il reste et continuer de se développer.

Ce PSE est aussi une opportunité pour nous de placer des élus dans des pôles où nous n’étions pas encore. Finalement, à chaque chose malheur est bon.”

Salariée de Sogeres (filiale du groupe SODEXO), Malika rejoint les rangs de la CFTC en 2013. A 47 ans, cette jeune cadre dynamique est coordinatrice service achat et service logistique. Elle participe directement et concrètement à préserver l’équilibre vie professionnelle-vie personnelle des salarié(e)s du groupe.

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