RENCONTRE AVEC PATRICK BAJIC

 

Être assisté pendant un licenciement ou une rupture conventionnelle est un droit encore parfois méconnu, c’est la mission du conseiller du salarié, une personne bénévole vers laquelle les salariés qui n’ont pas de représentant du personnel dans leur entreprise peuvent se tourner.
Nous avons rencontré Patrick Bajic, conseiller du salarié sur Paris qui nous explique l’importance de sa mission.

Patrick Bajic, est un homme actif et impliqué auprès des salariés depuis de longues années.

Dès le début, il s’est engagé aux côtés de la CFTC :
« Les valeurs de la CFTC me correspondaient car c’est un syndicat de négociation. Je considère en effet que le dialogue est un point essentiel de l’échange social. C’était vrai quand je me suis engagé il y a 15 ans, c’est encore vrai aujourd’hui. »

Après avoir endossé de nombreuses missions syndicales, il est aujourd’hui vice-président SNEPS CFTC et Secrétaire général adjoint UD CFTC Paris. Il y a 6 ans, il a souhaité donner un nouveau souffle à son engagement : il est devenu « conseiller du salarié » sur Paris.

« J’avais à cœur de pouvoir accompagner des salariés qui n’ont pas toujours accès aux partenaires sociaux ou à une aide juridique au sein de leur entreprise mais qui pour autant, ont besoin d’être accompagnés dans des moments cruciaux de leur vie professionnelle. Fort de mon expérience j’ai pensé que je pouvais être utile. »

Cette mission est exigeante mais c’est ce que qui me motive

Car les conseillers du salarié ont deux missions essentielles : ils assistent et conseillent gratuitement les salariés, sur leur demande, soit au cours de l’entretien préalable au licenciement, soit au cours du ou des entretiens préparatoires à une rupture conventionnelle du contrat de travail.

« Cette mission est exigeante mais c’est ce que qui me motive. J’aime le challenge qu’elle représente. En effet, quand vous êtes conseiller du salarié, vous êtes seul à l’accompagner. Il faut savoir que les gens qui font appel à nous ne sont pas toujours au fait du dialogue avec les partenaires sociaux, soit à cause d’une méconnaissance ou d’une crainte de l’une ou l’autre des parties. Cela peut compliquer certaines situations mais c’est ce qui est stimulant ».

Cette mission demande donc une bonne dose de savoir faire, une solide connaissance juridique, et naturellement de l’empathie.
« Si j’avais un conseil pour ceux qui souhaitent se lancer dans cette mission, c’est de ne pas le faire trop tôt. Il me semble important d’attendre un peu pour gagner en expérience. Ce n’est pas une mission que l’on peut remplir sereinement si l’on n’a pas pris la pleine mesure des enjeux. Il faut avoir déjà une bonne expérience des entretiens ou avoir défendu déjà des salariés au sein de son entreprise. »

En écoutant Patrick Bajic, on comprend que la mission du conseiller du salarié peut être dans bien des cas plus large :
« Nous sommes parfois sollicités pour de la médiation ou pour du conseil en amont d’une procédure, nous sortons parfois du cadre strict de nos missions. »

Si la procédure mise en place par Patrick Bajic en tant que conseiller dans le cadre d’un licenciement ou d’une rupture conventionnelle est bien réglementée par le code du travail, chaque cas est différent car, le conseiller intervient auprès de tous les salariés et ce quel que soit le corps de métier. Cette diversité des situations est d’autant plus vraie sur Paris où il y a un grand nombre d’entreprises et de situations spécifiques auxquelles il est important de s’adapter très rapidement. Il est donc indispensable d’échanger longuement en amont avec la ou le salarié qui a besoin d’un conseiller.

La mission du conseiller du salarié est une mission qui engage

« Nous avons des comptes à rendre auprès du ministère du travail » précise Patrick Bajic.
« Nous devons rendre un bilan de nos activités car notre mandat nous est donné par le ministère du travail. Si notre mission n’est pas réalisée convenablement, notre mandat peut nous être retiré ou ne pas être renouvelé. »

Car le mandat d’un conseiller n’est pas électif, il est accordé par le ministère du travail sur proposition du syndicat. Donc syndicat et Ministère du travail sont garants de la qualité de la mission.
Pour mener à bien sa mission, un conseiller dispose de 15h par mois d’activité. « Ce crédit d’heures vous est donné au moment où vous exercez ». Tout doit être précisé car c’est le ministère du travail qui va rembourser l’employeur les heures passées par le conseiller du salarié dans le cadre de sa mission.

Quand on demande à Patrick Bajic si après 6 ans dans son rôle il souhaite renouveler sa mission en tant que conseiller, il répond oui sans hésiter :
« C’est une mission extrêmement riche à titre  personnel, car on a un sentiment d’utilité. On aide les gens au moment le plus difficile pour eux qui est lié à une cessation d’activité professionnelle. Nous devons être leur « avocat » pendant la procédure face à leur employeur. Nous avons un vrai rôle d’assistance. C’est durant cet entretien que nous devons donner le meilleur de nous-mêmes en utilisant le contexte réglementaire et juridique mais aussi notre talent oratoire pour défendre les gens. N’oublions pas que c’est un entretien qui est extrêmement déstabilisant pour un ou une salarié-e. Notre rôle est donc essentiel. Nous adaptons toujours notre mode de défense en fonction du souhait du salarié. Veut-il ou non rester dans l’entreprise ? Selon la réponse que nous obtenons notre stratégie de défense ne sera pas la même. Je crois que notre rôle est important, et qu’il est essentiel de le faire avec rigueur pour la crédibilité de la mission qui nous est accordée. » conclut Patrick Bajic

Comment prendre contact avec un conseiller du salarié ?

Il est stipulé de manière obligatoire dans la lettre de convocation d’un ou une salariée à un entretien préalable de licenciement ou de rupture conventionnelle que le salarié peut être se faire assister par une personne de son choix appartenant au personnel de l’entreprise.
Dans les entreprises dépourvues d’institutions représentatives du personnel, le salarié peut se faire assister :

  • soit par une personne de son choix appartenant au personnel de l’entreprise ;
  • soit par un conseiller du salarié choisit sur une liste dressée par la Direccte dans chaque département.

La liste des conseillers peut être consultée à l’Inspection du Travail de chaque département d’Ile-de-France et dans la mairie de chaque arrondissement parisien.