Aujourd’hui l’Etablissement Scolaire Fénelon à Vaujours en Seine Saint Denis est un établissement catholique privé sous contrat d’association avec l’Etat accueillant environ 1960 élèves de la maternelle jusqu’au supérieur, 125 salariés, 150 enseignants. La particularité de l’établissement est qu’il dépend de deux ministères et dispose d’un internat pour nos élèves de 3ème au supérieur, tous ministères confondus.

Dans un souci d’accueil de la diversité, dans un environnement social parfois difficile, le projet scolaire vise à répondre au mieux aux besoins de nos élèves : ateliers théâtre, anglais et scientifique dès les classes de primaire, classe d’envol, internat relais, UFA, bac STMG, BTS communication…

Autant de projets qui connaissent un vif succès !!

Aujourd’hui, cet établissement vit une situation inédite : l’annonce de la fermeture du LPE (lycée du paysage et de l’environnement) et de l’internat.

La CFTC, par le biais de ses élus au CSE (Comité social et économique) dont la représentativité est d’environ 40 %, s’est bien évidemment inquiétée de cette situation et des raisons qui ont motivé cette décision. Ses élus sont très soucieux du devenir des salariés de droit privé et de droit public face à une telle menace, car ils sont attachés à la survie de leur établissement dans sa totalité.

Nous, élus CFTC, nous avons donc cherché à comprendre :

  • Le déficit de l’établissement est de l’ordre de 400 000 € et ne cesse d’augmenter depuis ces dernières années… Il est difficile de ne pas faire le parallèle avec un autre établissement privé sous contrat d’association avec l’Etat « Juilly » qui a dû fermer en 2012 car financièrement non viable.
  • Une baisse significative des produits liés au LPE et à l’internat malgré des charges incompressibles et diminuées au maximum pour garantir le bon fonctionnement de ces unités. La cause ? La baisse d’effectifs de plus de 40% depuis 10 ans. Solutions proposées par la direction pour une meilleure attractivité ? Baisse des tarifs et priorisation des places à l’internat aux élèves du LPE … sans incidence positive sur les inscriptions !
  • Un premier projet de scission a été proposé mi 2019 pour une rentrée en septembre 2020 séparant le LPE de l’ensemble scolaire : projet qui a échoué.
  • Un second projet ambitieux de rapprochement des deux unités pédagogiques en collaboration avec l’éducation nationale et le CNEAP : une mixité des classes et des équipes pédagogiques qui aurait apporté une richesse humaine et pédagogique à notre établissement. Projet qui a également échoué. Les consultations avec l’équipe de l’Enseignement Agricole ont abouti à un refus de cette fusion. Quant aux enseignants de l’Education nationale, ils n’ont pas été invités à travailler sur ce projet !

Devant l’échec des négociations, le CNEAP a jugé que sans une pleine coopération des enseignants concernés, les projets n’étaient pas viables.

Les élus CFTC ont tenté le dialogue mais en vain. Aucun échange n’a été possible. Pas de scission, pas de rapprochement pédagogique. La fermeture du LPE a donc été envisagée après études des dossiers financiers par l’OGEC et le CNEAP pour la survie globale de l’établissement scolaire ainsi que la survie des emplois de la majorité des salariés.

Nous déplorons la fermeture de l’internat qui nous semblait programmée suite à 3 constats :

  • Le choix stratégique d’un internat plus qualitatif pour encourager les inscriptions. Echec !
  • La baisse des effectifs liée en partie à celle du LPE.
  • L’obligation d’une mise aux normes de l’accessibilité Handicap pour 2021 pour un coût estimé à plus de 400 000€ et difficile à supporter pour l’établissement.

Nous nous affligeons des rumeurs et dénigrements fallacieux qui circulent dans la presse et sur les réseaux sociaux :

  • Non un déficit de 400 000€ et une CAF (capacité d’autofinancement) de 700 000€ ne sont pas des signes de bien-être de l’établissement
  • Non le surcoût d’un changement d’établissement lié à cette fermeture ne sera pas à la charge des familles. Extrait du courrier envoyé aux familles émanant du Directeur Diocésain « Soyez assurés que nous resterons attentifs à la situation de chaque famille, de chaque jeune afin qu’aucun obstacle administratif ou financier ne puisse remettre en cause la poursuite de la scolarité de ces enfants. »
  • Non à la « mort » des formations agricoles par le maintien de l’apprentissage via l’UFA
  • Les enseignants du LPE sont prioritaires dès à présent et ce jusqu’à la rentrée 2020/2021 sur les demandes de mutations. Cependant la majorité a choisi le licenciement.

 

Aujourd’hui, le dialogue est devenu compliqué, tendu et non constructif. Nous regrettons cette scission sociale au sein même de notre CSE alors que nous aurions dû travailler tous ensemble.

En tout état de cause, nous élus de la CFTC ne souhaitons qu’une seule chose : la pérennité de notre établissement scolaire et ne nous réjouissons pas de ces fermetures. Nous encourageons le retour au dialogue et la construction de l’avenir en travaillant tous ensemble au projet éducatif qui nous lie.

Nous élus CFTC ne pouvant aller contre les décisions de ces instances, nous nous assurerons que élèves et salariés de droit privé et public seront accompagnés correctement auprès de ces dernières. Nous nous battons pour que les élèves puissent terminer leur cycle dans les meilleures conditions, sans surcoût lié à un éventuel internat.