N’opposons pas la « France confinée » à la « France qui travaille » !

« Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement » dit-on. Jamais cette maxime ne m’a paru plus vraie. On peine à qualifier la crise à laquelle nous faisons face parce qu’on peine à en concevoir l’ampleur, la durée ou encore l’issue. On peine parce que cette crise est inédite, à l’échelle de nos vies tout du moins. L’heure étant à l’humilité, je me garderai bien de prédire quoi que ce soit.

On peut, cependant, tenter de réunir quelques faits pour éclairer la marche à suivre. Cette crise, qui est d’abord sanitaire, met en jeu la vie même de nos concitoyens. Les premières réponses doivent donc, avant toutes autres préoccupations, protéger la vie. De ce point de vue, les mesures gouvernementales ne sont pas des demi-mesures. Qu’il s’agisse des conditions élargies d’accès au chômage partiel, des possibilités d’arrêts de travail indemnisés pour garde d’enfant ou encore de l’organisation impérative en télétravail des 8 millions de postes qui le permettent, tout est fait pour concrétiser l’incitation présidentielle à « rester chez soi ».

Cette incitation accentue une autre crise dont il faut aussi juguler la contamination, une crise économique et financière. La CFTC n’oppose pas ces deux crises. Elles sont les deux revers d’une même pièce, d’un même défi à relever ensemble, dans l’unité, pour préserver l’avenir. Les mesures énoncées plus haut, ajoutées à leur pendant financier (report des échéances sociales et/ou fiscales, rééchelonnement des crédits bancaires…), protègent les entreprises donc l’emploi placés momentanément sous bulle. La CFTC salue ces mesures !

Mais ce confinement économique a ses limites objectives que le bon sens commande de reconnaître. Nos concitoyens, qu’ils soient confinés ou qu’ils travaillent, doivent pouvoir se nourrir, se soigner, se déplacer, communiquer à distance et autres activités dont certains redécouvrent aujourd’hui l’importance. Au cœur de ces activités plus que jamais nécessaires à la préservation de notre « vivre ensemble », il y a des hommes et des femmes qui travaillent. La nature de ces activités est telle que la présence sur le lieu de travail habituel est parfois incontournable. Il nous faut donc accepter et reconnaître ce dévouement de celles et ceux qui n’étant pas confinés s’exposent plus que d’autres à la contamination. A ces personnes, je dis et redis tout mon soutien et toute mon admiration !

Notre responsabilité individuelle et collective à leur égard s’en trouve considérablement accrue ! Les mesures de protection et parmi elles, les « gestes barrières » édictés par le gouvernement constituent la priorité du dialogue social en entreprise et au-delà. Quelles que soient les modalités de ce dialogue (en « présentiel » ou en téléconférence), la CFTC reste au contact de ses adhérents et des travailleurs qu’ils représentent. La permanence juridique confédérale répond, autant que faire se peut, à vos problématiques. Quand le droit usuel est silencieux, parce que les situations sont inédites, je relaie quotidiennement ces problématiques à la ministre du travail.

N’opposons pas la « France confinée » à la « France qui travaille » ! Toutes deux s’articulent et se complètent pour produire la meilleure réponse à cette crise sanitaire et économique sans précédent. Chacune, chacun a un rôle à jouer, des consignes à respecter durant cette épreuve dont nous aurons tant à apprendre et dont je veux croire que nous sortirons grandis le moment venu.

Cyril Chabanier

NOTRE DRÔLE DE VIE

“Il est impossible de faire cours à distance”

Jacques est professeur de sciences économiques et sociales. Il enseigne en lycée. Son établissement a été fermé jeudi 12 mars, et depuis, le lien avec ses élèves de BTS est quasiment rompu.

“Le premier constat, c’est que cette crise n’a vraiment pas été anticipée.”

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NOTRE DRÔLE DE VIE

« Les équipes médico-sociales sont solidaires»

Guillaume Éloy est éducateur à l’internat pour adultes autistes Home Nicolas.

“Ma structure compte 20 salariés, mais fait partie d’une association de 9 établissements pour enfants et adultes polyhandicapés et autistes qui rassemble au total 270 salariés. Quand tout cela a commencé, nous avons demandé à la direction une session extraordinaire du CSE. Ce qui a permis la mise en place de mesures graduées.”

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CRISE CO-VID 19

Nos réponses juridiques

Mon employeur a-t-il le droit de me demander d’exercer d’autres fonctions que les miennes ?

C’est la réglementation sur les modifications des conditions de travail ou du contrat de travail qui s’applique en la matière. Deux cas de figure se présentent.

Si vos nouvelles fonctions relèvent de la même qualification que la vôtre, plus clairement, si elles n’entraînent pas de diminution de vos responsabilités ni l’accomplissement de tâches inférieures à votre qualification, votre employeur peut vous les imposer sans votre accord.

En revanche, dans le cas contraire, votre employeur doit vous proposer un avenant provisoire de modification de votre contrat de travail.  Le caractère temporaire – et donc une date de fin – doit être indiqué dans l’avenant. Ainsi, au lendemain de cette date, le salarié retrouvera sa situation antérieure à l’avenant, sans qu’il y ait besoin d’en signer un nouveau.

Je suis en mission d’intérim. L’employeur peut-il rompre mon contrat avant son terme ? 

Non. Lorsque le chantier est ouvert, vous devez continuer à pointer. Si votre employeur s’y refuse, il doit vous le stipuler par écrit. Contactez l’agence d’intérim : c’est à elle de jouer  le rôle d’intermédiaire avec l’entreprise, pour que vous puissiez continuer à travailler ou que votre contrat soit rompu. Mais, dans ce cas, vous devez impérativement obtenir le versement des salaires qui vous sont dus jusqu’à la fin officielle de votre contrat.