SANTÉ AU TRAVAIL

LA CFTC PASSE À L’ACTION CHEZ WESTERN UNION

La question de la santé au travail est un sujet majeur au sein des entreprises, mais souvent inégalement pris en compte en fonction de la taille de l’entreprise
ou de son secteur d’activité.

Nous avons rencontré Marie-José Bautista, Responsable de section syndicale au sein de Western Union Banque et Christophe Maratray, Secrétaire général adjoint à la Protection Sociale pour la région Île-de-France, pour nous parler de ce sujet sensible encore mal géré dans de nombreuses entreprises.

 

 

« Je suis responsable de section au sein de Western Union Banque. Au cours de ces trois dernières années, certains de mes collègues sont venus spontanément et régulièrement me voir pour échanger sur leur mal-être au travail ou les difficultés rencontrées. Ils sont soumis à une pression constante et sont confrontés à des incivilités régulières de la part des clients. Certains font face à une fatigue psychique profonde. Cela m’a fait réagir et j’ai pris conscience que je devais aller plus loin dans mon engagement afin de faire bouger les lignes et changer les choses. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de me présenter aux prochaines élections du CSE (Comité Social et économique) de Western Union Banque pour pouvoir agir pleinement. Christophe Maratray m’accompagne en m’apportant son soutien et ses conseils », nous explique Marie-José Bautista.

Avant de se lancer, Marie-José a souhaité s’investir dans un cycle de formations pointues dispensées par l’Organisme de formation agréé de la CFTC. « Marie- José a à coeur d’être la plus compétente possible, c’est la raison pour laquelle elle a suivi les formations mises en place par l’URIF et les UD pour être efficace et toujours plus pertinente dans l’accompagnement des salariés, et leur défense », précise Christophe.

Car, quand on évoque le thème de la santé au travail, on parle de handicap, de maladies, d’un stress qui fréquemment mène au burn-out, mais pas seulement…
Le sujet est vaste et bien souvent mal appréhendé dans l’environnement professionnel malgré de la bonne volonté, mais sans beaucoup de résultats. Bien que concernée et impliquée, Western Union n’échappe pas à la règle. Le chemin de la prévention et de l’écoute est encore long et les actions mises en place sont souvent jugées insuffisantes par les salariés. Les formations proposées par Western Union sont réalisées en e-learning et parfois en présentiel, les sujets ne sont donc pas toujours traités en profondeur et sont dans certains cas déconnectés de la réalité du terrain. « Les formations sur la prévention peuvent et doivent encore progresser pour être performantes », affirme Marie-José.

« Nous sommes dans un dialogue constructif qui a pour objectif d’apporter des réponses concrètes »

C’est là que l’action de la CFTC peut faire la différence. « En tant que syndicat responsable et solidaire, nous avons le savoir-faire ; nous avons développé des méthodes qui nous permettent de mieux répondre aux problèmes de santé au travail. Nous sommes dans un dialogue indéniablement constructif qui a pour objectif d’apporter des réponses très concrètes : gestion de la charge de travail, reprise d’activité et accompagnement post arrêt maladie, handicap et maintien dans l’emploi, etc. », explique Christophe.

Chez Western Union Banque, le personnel est particulièrement exposé et souffre de nombreuses incivilités de la part des clients, mais aussi d’un risque non négligeable de braquage et de violences liées à ces incivilités. « Certes, des formations existent pour pallier ces difficultés, mais les collègues ne se sentent pas suffisamment épaulés et formés pour faire face à ces douloureuses situations. Ils n’ont pas d’espace de décompression et de temps d’échange pour prendre du recul auprès une agression. Si l’on sait également que nous sommes tenus par des rendements particulièrement exigeants, ce temps de décompression est loin de voir le jour si nous n’agissons pas dès aujourd’hui. Je crois que nos propositions peuvent faire la différence », nous explique Marie-José. « Une autre difficulté rencontrée par les collègues, c’est l’absence de centralisation forte. Il y a une grande dispersion des agences et des collègues, donc la gestion
de la remontée des différentes agressions est plus difficile et leur traitement beaucoup plus compliqué »
, précise Christophe.

Face à ces nombreuses difficultés, certaines entreprises peuvent se sentir seules et démunies pour accompagner au mieux leurs salariés. Un dialogue responsable pour le seul intérêt des collaborateurs avec des représentants comme Marie-José et Christophe permet de mettre en oeuvre des solutions rapidement opérationnelles, en bénéficiant de l’expérience de la CFTC, qui a déjà
remporté de beaux succès dans d’autres établissements. Nous sommes organisés pour répondre à ces besoins et pour mutualiser le travail que nous avons effectué ailleurs.

« Les attentes sont très fortes pour plus d’humanité dans l’entreprise »

« Il me semble que dans un contexte en flux tendu, nos collègues ont besoin de retrouver de l’humanité, ce que le service RH n’est sans doute pas en mesure d’apporter, peut-être par manque de temps et souvent de moyens. Les sujets comme la prévention, le handicap, la souffrance, et beaucoup d’autres liés à la santé au travail méritent ce temps et ces moyens. Notre mobilisation doit être permanente », réagit Marie-José.

« Pour agir, nous avons besoin d’être représentés au sein des entreprises »

Marie-José souhaiterait que les choses évoluent, c’est la raison pour laquelle elle met toute son énergie dans les élections à venir : « Pour moi cette étape est essentielle : l’envie, l’énergie et les idées sont là, mais mon premier combat, c’est d’être la représentante d’un syndicat en capacité de défendre l’intérêt des salariés sur les sujets de la santé au travail et de les faire reconnaître dans leur engagement quotidien. »

MARIE-JOSÉ BAUTISTA
contact@cftc-wu.fr

CHRISTOPHE MARATRAY
christophe.maratray@cftc-sg.net