100 ANS

DE VALEURS À DÉFENDRE

Pour fêter ses 100 ans de syndicalisme chrétien, la CFTC s’est réunie au Musée Social, à Paris, le jeudi 10 octobre pour une soirée exceptionnelle. Au programme, souvenirs des grands noms qui ont fait le syndicat et prise de parole de ceux qui oeuvrent au quotidien pour son avenir.

“SOYONS FIDÈLES AUX VALEURS DE NOS FONDATEURS”

“Nos valeurs, ce n’est pas la jolie peinture sur les volets de notre maison. Ce sont les fondations” a tenu à rappeler Alain Deleu, Président de la CFTC de 1992 à 2002. Alors que la laïcité fait les gros titres de la presse nationale, et que le religieux inspire de plus en plus la menace, “il est normal qu’il en soit de même pour notre syndicat” a-t-il souligné.

Or, si la nécessité de maintenir la porte ouverte s’impose plus que jamais, “il ne faut pas céder à la tentation d’effacer le “C” de notre organisation. C’est lui qui fait notre force et notre différence. N’ayons pas peur d’être nous-mêmes et soyons fidèles aux valeurs de nos fondateurs” a-t-il finalement conclu.
Ces valeurs dont parle Alain Deleu, reposent toutes sur un socle commun : l’humain.
Ce sont celles de la famille, de la solidarité, de la justice sociale et du dialogue inspirés du courant du catholicisme social qui naît à la fin du XIXe siècle, alors qu’émerge un monde ouvrier de moins en moins christianisé et aux conditions de vie difficiles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Gonzague de CHANTERAC
Créateur d’une section CFTC à l’Assemblée Nationale, attaché parlementaire de Constance LE GRIP députée des Hauts-de-Seine

UN SOCLE HUMANISTE SOLIDE

Dès lors, de grandes figures sociales chrétiennes vont ainsi oeuvrer à la diffusion de ces valeurs posant les bases de la future CFTC. Parmi ces figures oubliées de l’histoire auxquels Joseph Thouvenel, Vice-Président de la CFTC, a rendu hommage lors de la célébration du centenaire de la Confédération, on retrouve Marie- Louise Rochebillard, “une vraie féministe” qui crée en 1899 les deux premiers syndicats féminins en France : le syndicat des dames employées du commerce et celui des ouvrières de l’aiguille Lyonnaise. Tous deux deviendront d’ailleurs membres fondateurs de la nouvelle Confédération Chrétienne créée en 1919.

Autre figure tutélaire de la CFTC, le parlementaire Albert de Mun, a oeuvré tout au long de sa vie à la promotion du dialogue, condamnant la lutte des classes et prônant l’association entre dirigeants et salariés. On retient notamment ses combats victorieux relatifs au repos dominical, à la limitation du travail à onze heures par jour, puis dix. La mise en place des retraites paysannes ou du congé maternité. Des acquis qui aujourd’hui encore mobilisent toute l’énergie de nos militants.

Ce sont toutes ces valeurs qui inspirent Jules Zirnheld et Gaston Tessier à créer la Confédération française des travailleurs chrétiens, qui voit le jour le 2 novembre 1919. Malgré la scission de 1964 qui verra naître la CFDT, la CFTC se maintient, plus fidèle que jamais au socle humaniste qui a fait son succès hier, et assurera demain son avenir.

 

 

 

 

 

 

 

 

Alain DELEU