LES REPRÉSENTANTS DU PERSONNEL DANS L’ENTREPRISE : DES SALARIÉS COMME LES AUTRES ?

LES REPRÉSENTANTS DU PERSONNEL DANS L’ENTREPRISE :
DES SALARIÉS COMME LES AUTRES ?

 

Une étude publiée en janvier 2019 par la DARES (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques) auprès du Ministère du Travail propose un portrait des représentants du personnel. Bien que cette étude se limite aux secteurs marchand et associatif (hors agriculture), il nous semble intéressant d’en rendre compte.

Cette étude nous amène à découvrir quelles sont les caractéristiques de ces salariés. En quoi se distinguent-ils des autres salariés. Dans quel contexte exercent-ils leur(s) mandat(s). Comment jugent-ils leurs conditions de travail ou l’impact de leur engagement sur leur carrière. Dans quelles circonstances ont-ils adhéré à un syndicat ou, le cas échéant, pour quelles raisons ne se sont-ils pas syndiqués et comment sont-ils perçus par les autres salariés. Voici quelques enseignements de cette étude.

L’étude rapporte : « En 2017, plus de 600 000 salariés du secteur marchand et associatif (hors agriculture) exercent un ou plusieurs mandats d’élu (titulaire ou suppléant) et de délégué syndical ; 85 % des représentants du personnel n’exercent que des mandats d’élu et 15 % exercent un mandat de délégué syndical, très souvent couplé avec au moins un mandat d’élu. Deux représentants du personnel sur trois exercent un seul mandat.

Plus âgés que la moyenne des salariés, les représentants du personnel sont un peu plus souvent des hommes que des femmes, surtout parmi les délégués syndicaux. Plus de la moitié des représentants du personnel adhèrent à des organisations syndicales.

Comme pour les autres salariés syndiqués, pour plus de la moitié des représentants du personnel, les facteurs relationnels jouent un rôle décisif dans le choix d’adhérer à un syndicat. Interrogés sur les raisons de leur non-adhésion à un syndicat, 42 % des élus sur des listes non syndicales déclarent ne pas avoir besoin d’adhérer à un syndicat pour se défendre et 33 % invoquent l’absence
de section syndicale dans leur entreprise. Plutôt bien informés sur la politique salariale, la question du temps de travail, les recrutements, les licenciements, les conditions de travail et la formation professionnelle, près de deux tiers des représentants du personnel restent néanmoins sceptiques quant à leur capacité à influencer les décisions de la direction. L’opinion des autres salariés sur les représentants du personnel et les syndicats est plus favorable lorsqu’ils travaillent dans des établissements qui en sont dotés, la moitié considérant alors qu’ils « traduisent bien leurs aspirations ».

Ce qu’il faut retenir de cette étude :

DES REPRÉSENTANTS DU PERSONNEL PRÉSENTS SUR LE LIEU DE TRAVAIL.
78 %
des salariés déclarent disposer d’un des deux types de représentant du personnel sur leur lieu de travail et 22 % d’aucun RP.

LA MAJORITÉ DES REPRÉSENTANTS DU PERSONNEL NE DÉTIENT QU’UN SEUL MANDAT.
69 %
des représentants du personnel exercent un seul mandat.

DES REPRÉSENTANTS QUI SONT PLUS SOUVENT DES HOMMES…
Les hommes sont surreprésentés par rapport aux femmes parmi les élus et les délégués syndicaux (62 % des RP contre 58 % des salariés du champ de l’enquête), quel que soit le mandat qu’ils exercent.

PLUS ÂGÉS QUE LA MOYENNE
D’une manière générale, les représentants du personnel sont en moyenne, plus âgés que l’ensemble des salariés : 65 % ont entre 40 et 59 ans, contre 54 % pour l’ensemble des salariés.

AVEC DAVANTAGE D’ANCIENNETÉ
60 %
des représentants du personnel ont une ancienneté dans l’entreprise supérieure à 12 ans, contre 44 % pour l’ensemble des salariés. La stabilité de l’emploi et la connaissance du lieu de travail constituent souvent des conditions préalables à l’engagement dans un mandat pour représenter les collègues ainsi qu’à la décision d’adhérer à un syndicat.

PROXIMITÉ ET VISIBILITÉ DES SYNDICATS : DEUX FACTEURS CLÉS DE LA SYNDICALISATION.
L’adhésion à un syndicat dépend fortement du contexte, de la proximité du syndicat, de sa visibilité, des relations personnelles et des affinités existantes avec des collègues déjà syndiqués.

DES REPRÉSENTANTS DU PERSONNEL QUI SE SENTENT UTILES MAIS SCEPTIQUES QUANT À LEUR INFLUENCE SUR LES DÉCISIONS DE LA DIRECTION.
Plus informés que l’ensemble des salariés sur les salaires, le temps de travail, les emplois, les conditions de travail et la formation professionnelle, qu’ils soient syndiqués ou non, 8 représentants du personnel sur 10 pensent bien « traduire les aspirations des salariés ». Cependant, près de deux tiers sont sceptiques quant à leur capacité à influencer les décisions de la direction au cours des négociations.

2019-05-13T10:43:59+00:0013 mai 2019|Actualités|